Je photographie
- Kim Leleux

- 9 févr.
- 1 min de lecture
Je photographie.
Je photographie les seuils.
Les moments où l’on n’avance plus.
Les endroits où la honte nous fait croire que nous n’avons pas le droit de nous arrêter.
Je photographie les rôles.
Les masques hérités.
Les postures qui ont permis de survivre.
Les jeux appris trop tôt.
Je photographie les contenants.
Les chaises.
Les sacs.
Les espaces où le corps peut enfin se poser sans justification.
Les silences.
Je photographie l’acte, pour observer ce qui se déplace quand une image est posée là où, d’habitude, il n’y a rien.
Je ne cherche pas à conduire. Ni à contrôler.
Je cherche à reprendre contact avec un rythme possible.
Un vélo plutôt qu’une machine autonome.
Une assise plutôt qu’une injonction à avancer.
Et je témoigne.
Je regarde ce qui se joue entre la honte et la place.
Entre l’héritage et le choix.
Entre ce qui m’a été confié et ce que je décide de transmettre.
Chaque image devient une tentative.
Une assise provisoire.
Un arrêt autorisé.
Ici, je peux m’arrêter.
Ici, je peux regarder.





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